25/08/2011

2.3 Pauvreté

Martinet A., Le français sans fard, 1974, p.11-19

 

 

" Lorsqu' on aborde le chapitre du lexique, la position du français n' apparaît plus sous un jour favorable: le français est une langue où chaque mot doit être appris à part: méchanceté ne saurait être retrouvé à partir de méchant, non plus qu' amertume à partir d' amer, comme on forme sans difficulté en anglais, badness, naughtiness et bitterness, à partir de bad, naughty et bitter. Là où l'allemand dérive, de blind 'aveugle', un substantif 'Blindheit', le français d'aujourd'hui présente le latinisant 'cécité' . ... Pour l' Italien, qui dit cicco pour 'aveugle', le substantif cecità apparaît comme un dérivé naturel, car il y a moins de disparité qu' en français entre la forme 'populaire' et la forme 'savante'

L' anglais, qui dérive simplement blindness à partir de blind ne se prive pas d'emprunter largement, comme le français, aux langues classiques et connaît le terme technique ‘caecum’ mais il n'a pas abandonné les ressources de la composition, si bien qu' on peut, en anglais, exprimer un beaucoup plus grand nombre de notions qu'en français, sans cesser d'employer des formes connues de tous ."

“Il est certain que, du fait de la possibilité de combiner plus librement les unités de sens, une personne qui connaît bien les 3000 mots les plus fréquents de la langue anglaise verra ses besoins communicatifs mieux satisfaits que celui qui pratique, avec une égale aisance, les 3000 homologues français."

15:00 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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